Ca n'a plus d'importance. Vraiment plus.
La vérité des sentiments est quelque chose d’exacerbant. Allez, réveillez vous, la personne de votre vie est entrain de fricoter avec un(e) autre. Cette petite s*lope, ce petit p*tain vous vole la seule personne qui peut vous rendre heureux.  

Je veux arracher la page et la recommencer, on oublie tout et là tu verras ce que je vaux vraiment.

La vérité des sentiments est quelque chose d’exacerbant. Allez, réveillez vous, la personne de votre vie est entrain de fricoter avec un(e) autre. Cette petite s*lope, ce petit p*tain vous vole la seule personne qui peut vous rendre heureux.

Je veux arracher la page et la recommencer, on oublie tout et là tu verras ce que je vaux vraiment.

Parce que j’ai eu le cœur brisé, Jonathan… Et je ne suis pas sûre que les morceaux se soient recollés. Parce que j’ai eu si mal, si mal que j’ai cru en mourir… Parce que je hais la douceur, la tendresse, la passion quand elles ne viennent pas de lui, de cet homme qui s’est éloigné un beau matin en bateau sur le port. Pour qui ? Pour quoi ? Pourquoi, Jonathan ? Pourquoi est-il parti ? Je n’ai jamais compris.

Parce que j’ai eu le cœur brisé, Jonathan… Et je ne suis pas sûre que les morceaux se soient recollés. Parce que j’ai eu si mal, si mal que j’ai cru en mourir… Parce que je hais la douceur, la tendresse, la passion quand elles ne viennent pas de lui, de cet homme qui s’est éloigné un beau matin en bateau sur le port. Pour qui ? Pour quoi ? Pourquoi, Jonathan ? Pourquoi est-il parti ? Je n’ai jamais compris.

la vérité c’est que je suis un rêveur invétéré et que je n’arriverai pas à changer ça. j’aurai aimé te dire à ce moment que je t’aimais et que je ne voulais pas te perdre mais ça ne marche malheureusement pas comme ça. I’m going under.

la vérité c’est que je suis un rêveur invétéré et que je n’arriverai pas à changer ça. j’aurai aimé te dire à ce moment que je t’aimais et que je ne voulais pas te perdre mais ça ne marche malheureusement pas comme ça. I’m going under.

Apparemment, de temps en temps, les adultes prennent le temps de s’asseoir et de contempler le désastre qu’est leur vie. Alors ils se lamentent sans comprendre et, comme des mouches qui se cognent toujours à la même vitre, ils s’agitent, ils souffrent, ils dépérissent, ils dépriment et ils s’interrogent sur l’engrenage qui les a conduits là où ils ne voulaient pas aller. Les plus intelligents en font même une religion : ah, la méprisable vacuité de l’existence bourgeoise ! Il y a des cyniques dans ce genre qui dînent à la table de papa : “Que sont nos rêves de jeunesse devenus ?” demandent-ils d’un air désabusé et satisfait. “Ils se sont envolés et la vie est une chienne.” Je déteste cette fausse lucidité de la maturité. La vérité, c’est qu’ils sont comme les autres, des gamins qui ne comprennent pas ce qui leur est arrivé et qui jouent aux gros durs alors qu’ils ont envie de pleurer.C’est pourtant simple à comprendre. Ce qui ne va pas, c’est que les enfants croient aux discours des adultes et que, devenus adultes, ils se vengent en trompant leurs propres enfants. “La vie a un sens que les grandes personnes détiennent” est le mensonge universel auquel tout le monde est obligé de croire. Quand, à l’âge adulte, on comprend que c’est faux, il est trop tard. Le mystère reste intact mais toute l’énergie disponible a depuis longtemps été gaspillée en activités stupides. Il ne reste plus qu’à s’anesthésier comme on peut en tentant de se masquer le fait qu’on ne trouve aucun sens à sa vie et on trompe ses propres enfants pour tenter de mieux se convaincre soi-même.Parmi les personnes que ma famille fréquente, toutes ont suivi la même voie : une jeunesse à essayer de rentabiliser son intelligence, à presser comme un citron le filon des études et à s’assurer une position d’élite et puis toute une vie à se demander avec ahurissement pourquoi de tels espoirs ont débouché sur une existence aussi vaine. Les gens croient poursuivre les étoiles et ils finissent comme des poissons rouges dans un bocal. Je me demande s’il ne serait pas plus simple d’enseigner dès le départ aux enfants que la vie est absurde. Cela ôterait quelques bons moments à l’enfance mais ça ferait gagner un temps considérable à l’adulte – sans compter qu’on s’épargnerait au moins un traumatisme, celui du bocal.Moi, j’ai douze ans, j’habite au 7 rue de grenelle dans un appartement de riches. Mes parents sont riches, ma famille est riche et ma sœur et moi sommes par conséquent virtuellement riches. Mon père est député après avoir été ministre et il finira sans doute au perchoir, à vider la cave de l’hôtel de Lassay. Ma mère… Eh bien ma mère n’est pas exactement une lumière mais elle est éduquée. Elle a un doctorat de lettres. Elle écrit ses invitations à dîner sans faute et passe son temps à nous assommer avec des références littéraires (“Colombe, ne fais pas ta Guermantes”, “Ma puce, tu es une vraie Sanseverina”).Malgré cela, malgré toute cette chance et toute cette richesse, depuis très longtemps, je sais que la destination finale, c’est le bocal à poisson. Comment est-ce que je le sais ? Il se trouve que je suis très intelligente. Exceptionnellement intelligente, même. Déjà, si on regarde les enfants de mon âge, c’est un abysse. Comme je n’ai pas trop envie qu’on me remarque et que dans une famille où l’intelligence est une valeur suprême, une enfant surdouée n’aurait jamais la paix, je tente, au collège, de réduire mes performances mais même avec ça, je suis toujours la première. On pourrait penser que jouer les intelligences normales quand, comme moi, à douze ans, on a le niveau d’une khâgneuse, c’est facile. Eh bien pas du tout ! Il faut se donner du mal pour se faire plus bête qu’on n’est. Mais d’une certaine façon, ca m’empêche de périr d’ennui : tout le temps que je n’ai pas besoin de passer à apprendre et à comprendre, je l’utilise à imiter le style, les réponses, les manières de procéder, les préoccupations et les petites fautes des bons élèves ordinaires. Je lis tout ce qu’écrit Constance Baret, la deuxième de la classe, en maths, en français et en histoire et j’apprends comme ça ce que je dois faire : du français une suite de mots cohérents et correctement orthographiés, des maths la reproduction mécanique d’opérations vides de sens et de l’histoire une succession de faits reliés par des connecteurs logique. Mais même si on compare avec les adultes, je suis beaucoup plus maligne que la plupart d’entre eux. C’est comme ça. Je n’en suis pas spécialement fière parce que je n’y suis pour rien. Mais ce qui est certain, c’est que dans le bocal, je n’irai pas. C’est une décision bien réfléchie. Même pour une personne aussi intelligente que moi, aussi douée pour les études, aussi différentes des autres et aussi supérieure à la plupart, la vie est déjà toute tracée et c’est triste à pleurer : personne ne semble avoir songé au fait que si l’existence est absurde, y réussir brillamment n’a pas plus de valeur que d’y échouer. C’est seulement plus confortable. Et encore : je crois que la lucidité rend le succès amer alors que la médiocrité espère toujours quelque chose.J’ai donc pris ma décision. Je vais bientôt quitter l’enfance et malgré ma certitude que la vie est une farce, je ne crois pas que je pourrai résister jusqu’au bout. Au fond, nous sommes programmés pour croire à ce qui n’existe pas, parce que nous sommes des êtres vivants qui ne veulent pas souffrir. Alors nous dépensons toutes nos forces à nous convaincre qu’il y a des choses qui en valent la peine et que c’est pour ça que la vie a un sens. J’ai beau être très intelligente, je ne sais pas combien de temps encore je vais pouvoir lutter contre cette tendance biologique. Quand j’entrerai dans la course des adultes, est-ce que je serai encore capable de faire face au sentiment de l’absurdité ? Je ne crois pas. C’est pour ça que j’ai pris ma décision : à la fin de cette année scolaire, le jour de mes treize ans, le 16 juin prochain, je me suiciderai. Attention, je ne compte pas faire ça en fanfare, comme si c’était un acte de courage ou de défi. D’ailleurs, j’ai bien intérêt à ce que personne ne soupçonne rien. Les adultes ont avec la mort un rapport hystérique, ça prend des proportions énormes, on en fait tout un plat alors que c’est pourtant l’événement le plus banal au monde. Ce qui m’importe, en fait, ce n’est pas la chose, c’est son comment. Mon côté japonais penche évidemment pour le seppuku. Quand je dis mon côté japonais, je veux dire : mon amour pour le Japon. Je suis en quatrième et, évidemment, j’ai pris japonais deuxième langue. Le prof de japonais n’est pas terrible, il mange les mots en français et passe son temps à se gratter la tête d’un air perplexe mais il y a un manuel qui n’est pas trop mal et, depuis la rentrée, j’ai fait de gros progrès. J’ai l’espoir, dans quelques mois, de pouvoir lire mes mangas préférés dans le texte. Maman ne comprend pas qu’une-petite-fille-aussi-douée-que-toi puisse lire des mangas. Je n’ai même pas pris la peine de lui expliquer que “manga” en japonais, ça veut seulement dire “bande dessinée”. Elle croit que je m’abreuve de sous-cultures et je ne la détrompe pas. Bref, dans quelques mois, je pourrai peut-être lire Taniguchi en japonais. Mais cela nous ramène à notre affaire : ça doit se faire avant le 16 juin parce que le 16 juin, je me suicide. Mais pas de seppuku. Ce serait plein de sens et de beauté mais… eh bien… je n’ai pas du tout envie de souffrir. En fait, je détesterais souffrir ; je trouve que quand on prend la décision de mourir, justement parce qu’on considère qu’elle entre dans l’ordre des choses, il faut faire ça en douceur. Mourir, ça doit être un délicat passage, une glissade ouaté vers le repos. Il y a des gens qui se suicident en se jetant par la fenêtre du quatrième étage ou bien en avalant de la Javel ou encore en se pendant ! C’est insensé ! Je trouve même ça obscène. A quoi ça sert de mourir si ce n’est à ne pas souffrir ? Moi, j’ai bien prévu ma sortie : depuis un an, tous les mois, je prends un somnifère dans la boîte sur le chevet de maman. Elle en consomme tellement que, de toute façon, elle ne s’apercevrait même pas si j’en prenais un tous les jours mais j’ai décidé d’être très prudente.
Extrait 2 :Non seulement nous ne possédâmes jamais de caniche mais je crois pouvoir dire que notre mariage fut une réussite. Avec mon mari, je fus moi-même. C’est avec nostalgie que je repense aux petits matins du dimanche, ces matins bénis d’être ceux du repos lorsque, dans la cuisine silencieuse, il buvait son café tandis que je lisais.Je l’avais épousé à dix-sept ans, après une cour rapide mais correcte. Il travaillait à l’usine comme mes frères aînés et s’en revenait parfois le soir avec eux boire un café et une goutte. Hélas, j’étais laide. Pourtant, cela n’eût point été décisif si j’avais été laide à la manière des autres. Mais ma laideur avait cette cruauté qu’elle n’appartenait qu’à moi et que, me dépouillant de toute fraîcheur alors même que je n’étais pas encore femme, elle me faisait déjà ressembler à quinze ans à celle que je serais à cinquante. Mon dos voûté, ma taille épaisse, mes jambes courtes, mes pieds écartés, ma pilosité abondante, mes traits brouillés, enfin, sans contours ni grâce, auraient pu m’être pardonnés au bénéfice du charme que possède toute jeunesse, même ingrate – mais au lieu de cela, à vingt ans, je sentais déjà la rombière.Aussi, lorsque les intentions de mon futur mari se précisèrent et qu’il ne me fut plus possible de les ignorer, je m’ouvris à lui, parlant pour la première fois avec franchise à quelqu’un d’autre que moi, et lui avouai mon étonnement à l’idée qu’il pût vouloir m’épouser.J’étais sincère. Je m’étais depuis longtemps accoutumée à la perspective d’une vie solitaire. Etre pauvre, laide et, de surcroît, intelligente, condamne, dans nos sociétés, à des parcours sombres et désabusés auxquels il vaut mieux s’habituer de bonne heure. A la beauté, on pardonne tout, même la vulgarité. L’intelligence ne paraît plus une juste compensation des choses, comme un rééquilibrage que la nature offre aux moins favorisés de ses enfants, mais un jouet superfétatoire qui rehausse la valeur du joyau. La laideur, elle, est toujours déjà coupable et j’étais vouée à ce destin tragique avec d’autant plus de douleur que je n’étais point bête.- Renée, me répondit-il avec tout le sérieux dont il était capable et en épuisant au gré de cette longue tirade toute la faconde qu’il ne déploierait plus jamais ensuite, Renée, je ne veux pas pour femme une de ces ingénues qui font de grandes dévergondées et, sous leur joli minois, n’ont pas plus de cervelle qu’un moineau. Je veux une femme fidèle, bonne épousé, bonne mère et bonne ménagère. Je veux une compagne paisible et sûre qui se tiendra à mes côtés et me soutiendra. En retour, tu peux attendre de moi du sérieux dans le travail, du calme au foyer et de la tendresse au bon moment. Je ne suis pas un mauvais bougre et je ferai de mon mieux.Et il le fit.Petit et sec comme une souche d’orme, il avait toutefois une figure agréable, généralement souriante. Il ne buvait pas, ne fumait pas, ne chiquait pas, ne pariait pas. A la maison, après l’ouvrage, il regardait la télévision, feuilletait des magazines de pêche ou bien jouait aux cartes avec ses amis de l’usine. Fort sociable, il invitait facilement. Le dimanche, il s’en allait pêcher. Quant à moi, je tenais le ménage car il était opposé à ce que j’en fisse chez d’autres.Il n’était pas dépourvu d’intelligence, bien qu’elle ne fût pas de l’espèce que le génie sociale valorise. Si ses compétences se limitaient aux affaires manuelles, il y déployait un talent qui ne tenait pas que des aptitudes motrices et, bien qu’inculte, abordait toutes choses avec cette ingéniosité qui, dans la bricole, distingue les laborieux des artistes et, dans la conversation, apprend que le savoir n’est pas tout. Résignée très tôt à une existence de nonne, il me semblait donc bien clément que les cieux aient remis entre mes mains d’épousée un compagnon d’aussi agréables façons et qui, pour n’être pas un intellectuel, n’en était pas moins un malin.

Apparemment, de temps en temps, les adultes prennent le temps de s’asseoir et de contempler le désastre qu’est leur vie. Alors ils se lamentent sans comprendre et, comme des mouches qui se cognent toujours à la même vitre, ils s’agitent, ils souffrent, ils dépérissent, ils dépriment et ils s’interrogent sur l’engrenage qui les a conduits là où ils ne voulaient pas aller. Les plus intelligents en font même une religion : ah, la méprisable vacuité de l’existence bourgeoise ! Il y a des cyniques dans ce genre qui dînent à la table de papa : “Que sont nos rêves de jeunesse devenus ?” demandent-ils d’un air désabusé et satisfait. “Ils se sont envolés et la vie est une chienne.” Je déteste cette fausse lucidité de la maturité. La vérité, c’est qu’ils sont comme les autres, des gamins qui ne comprennent pas ce qui leur est arrivé et qui jouent aux gros durs alors qu’ils ont envie de pleurer.
C’est pourtant simple à comprendre. Ce qui ne va pas, c’est que les enfants croient aux discours des adultes et que, devenus adultes, ils se vengent en trompant leurs propres enfants. “La vie a un sens que les grandes personnes détiennent” est le mensonge universel auquel tout le monde est obligé de croire. Quand, à l’âge adulte, on comprend que c’est faux, il est trop tard. Le mystère reste intact mais toute l’énergie disponible a depuis longtemps été gaspillée en activités stupides. Il ne reste plus qu’à s’anesthésier comme on peut en tentant de se masquer le fait qu’on ne trouve aucun sens à sa vie et on trompe ses propres enfants pour tenter de mieux se convaincre soi-même.
Parmi les personnes que ma famille fréquente, toutes ont suivi la même voie : une jeunesse à essayer de rentabiliser son intelligence, à presser comme un citron le filon des études et à s’assurer une position d’élite et puis toute une vie à se demander avec ahurissement pourquoi de tels espoirs ont débouché sur une existence aussi vaine. Les gens croient poursuivre les étoiles et ils finissent comme des poissons rouges dans un bocal. Je me demande s’il ne serait pas plus simple d’enseigner dès le départ aux enfants que la vie est absurde. Cela ôterait quelques bons moments à l’enfance mais ça ferait gagner un temps considérable à l’adulte – sans compter qu’on s’épargnerait au moins un traumatisme, celui du bocal.
Moi, j’ai douze ans, j’habite au 7 rue de grenelle dans un appartement de riches. Mes parents sont riches, ma famille est riche et ma sœur et moi sommes par conséquent virtuellement riches. Mon père est député après avoir été ministre et il finira sans doute au perchoir, à vider la cave de l’hôtel de Lassay. Ma mère… Eh bien ma mère n’est pas exactement une lumière mais elle est éduquée. Elle a un doctorat de lettres. Elle écrit ses invitations à dîner sans faute et passe son temps à nous assommer avec des références littéraires (“Colombe, ne fais pas ta Guermantes”, “Ma puce, tu es une vraie Sanseverina”).
Malgré cela, malgré toute cette chance et toute cette richesse, depuis très longtemps, je sais que la destination finale, c’est le bocal à poisson. Comment est-ce que je le sais ? Il se trouve que je suis très intelligente. Exceptionnellement intelligente, même. Déjà, si on regarde les enfants de mon âge, c’est un abysse. Comme je n’ai pas trop envie qu’on me remarque et que dans une famille où l’intelligence est une valeur suprême, une enfant surdouée n’aurait jamais la paix, je tente, au collège, de réduire mes performances mais même avec ça, je suis toujours la première. On pourrait penser que jouer les intelligences normales quand, comme moi, à douze ans, on a le niveau d’une khâgneuse, c’est facile. Eh bien pas du tout ! Il faut se donner du mal pour se faire plus bête qu’on n’est. Mais d’une certaine façon, ca m’empêche de périr d’ennui : tout le temps que je n’ai pas besoin de passer à apprendre et à comprendre, je l’utilise à imiter le style, les réponses, les manières de procéder, les préoccupations et les petites fautes des bons élèves ordinaires. Je lis tout ce qu’écrit Constance Baret, la deuxième de la classe, en maths, en français et en histoire et j’apprends comme ça ce que je dois faire : du français une suite de mots cohérents et correctement orthographiés, des maths la reproduction mécanique d’opérations vides de sens et de l’histoire une succession de faits reliés par des connecteurs logique. Mais même si on compare avec les adultes, je suis beaucoup plus maligne que la plupart d’entre eux. C’est comme ça. Je n’en suis pas spécialement fière parce que je n’y suis pour rien. Mais ce qui est certain, c’est que dans le bocal, je n’irai pas. C’est une décision bien réfléchie. Même pour une personne aussi intelligente que moi, aussi douée pour les études, aussi différentes des autres et aussi supérieure à la plupart, la vie est déjà toute tracée et c’est triste à pleurer : personne ne semble avoir songé au fait que si l’existence est absurde, y réussir brillamment n’a pas plus de valeur que d’y échouer. C’est seulement plus confortable. Et encore : je crois que la lucidité rend le succès amer alors que la médiocrité espère toujours quelque chose.
J’ai donc pris ma décision. Je vais bientôt quitter l’enfance et malgré ma certitude que la vie est une farce, je ne crois pas que je pourrai résister jusqu’au bout. Au fond, nous sommes programmés pour croire à ce qui n’existe pas, parce que nous sommes des êtres vivants qui ne veulent pas souffrir. Alors nous dépensons toutes nos forces à nous convaincre qu’il y a des choses qui en valent la peine et que c’est pour ça que la vie a un sens. J’ai beau être très intelligente, je ne sais pas combien de temps encore je vais pouvoir lutter contre cette tendance biologique. Quand j’entrerai dans la course des adultes, est-ce que je serai encore capable de faire face au sentiment de l’absurdité ? Je ne crois pas. C’est pour ça que j’ai pris ma décision : à la fin de cette année scolaire, le jour de mes treize ans, le 16 juin prochain, je me suiciderai. Attention, je ne compte pas faire ça en fanfare, comme si c’était un acte de courage ou de défi. D’ailleurs, j’ai bien intérêt à ce que personne ne soupçonne rien. Les adultes ont avec la mort un rapport hystérique, ça prend des proportions énormes, on en fait tout un plat alors que c’est pourtant l’événement le plus banal au monde. Ce qui m’importe, en fait, ce n’est pas la chose, c’est son comment. Mon côté japonais penche évidemment pour le seppuku. Quand je dis mon côté japonais, je veux dire : mon amour pour le Japon. Je suis en quatrième et, évidemment, j’ai pris japonais deuxième langue. Le prof de japonais n’est pas terrible, il mange les mots en français et passe son temps à se gratter la tête d’un air perplexe mais il y a un manuel qui n’est pas trop mal et, depuis la rentrée, j’ai fait de gros progrès. J’ai l’espoir, dans quelques mois, de pouvoir lire mes mangas préférés dans le texte. Maman ne comprend pas qu’une-petite-fille-aussi-douée-que-toi puisse lire des mangas. Je n’ai même pas pris la peine de lui expliquer que “manga” en japonais, ça veut seulement dire “bande dessinée”. Elle croit que je m’abreuve de sous-cultures et je ne la détrompe pas. Bref, dans quelques mois, je pourrai peut-être lire Taniguchi en japonais. Mais cela nous ramène à notre affaire : ça doit se faire avant le 16 juin parce que le 16 juin, je me suicide. Mais pas de seppuku. Ce serait plein de sens et de beauté mais… eh bien… je n’ai pas du tout envie de souffrir. En fait, je détesterais souffrir ; je trouve que quand on prend la décision de mourir, justement parce qu’on considère qu’elle entre dans l’ordre des choses, il faut faire ça en douceur. Mourir, ça doit être un délicat passage, une glissade ouaté vers le repos. Il y a des gens qui se suicident en se jetant par la fenêtre du quatrième étage ou bien en avalant de la Javel ou encore en se pendant ! C’est insensé ! Je trouve même ça obscène. A quoi ça sert de mourir si ce n’est à ne pas souffrir ? Moi, j’ai bien prévu ma sortie : depuis un an, tous les mois, je prends un somnifère dans la boîte sur le chevet de maman. Elle en consomme tellement que, de toute façon, elle ne s’apercevrait même pas si j’en prenais un tous les jours mais j’ai décidé d’être très prudente.

Extrait 2 :
Non seulement nous ne possédâmes jamais de caniche mais je crois pouvoir dire que notre mariage fut une réussite. Avec mon mari, je fus moi-même. C’est avec nostalgie que je repense aux petits matins du dimanche, ces matins bénis d’être ceux du repos lorsque, dans la cuisine silencieuse, il buvait son café tandis que je lisais.
Je l’avais épousé à dix-sept ans, après une cour rapide mais correcte. Il travaillait à l’usine comme mes frères aînés et s’en revenait parfois le soir avec eux boire un café et une goutte. Hélas, j’étais laide. Pourtant, cela n’eût point été décisif si j’avais été laide à la manière des autres. Mais ma laideur avait cette cruauté qu’elle n’appartenait qu’à moi et que, me dépouillant de toute fraîcheur alors même que je n’étais pas encore femme, elle me faisait déjà ressembler à quinze ans à celle que je serais à cinquante. Mon dos voûté, ma taille épaisse, mes jambes courtes, mes pieds écartés, ma pilosité abondante, mes traits brouillés, enfin, sans contours ni grâce, auraient pu m’être pardonnés au bénéfice du charme que possède toute jeunesse, même ingrate – mais au lieu de cela, à vingt ans, je sentais déjà la rombière.
Aussi, lorsque les intentions de mon futur mari se précisèrent et qu’il ne me fut plus possible de les ignorer, je m’ouvris à lui, parlant pour la première fois avec franchise à quelqu’un d’autre que moi, et lui avouai mon étonnement à l’idée qu’il pût vouloir m’épouser.
J’étais sincère. Je m’étais depuis longtemps accoutumée à la perspective d’une vie solitaire. Etre pauvre, laide et, de surcroît, intelligente, condamne, dans nos sociétés, à des parcours sombres et désabusés auxquels il vaut mieux s’habituer de bonne heure. A la beauté, on pardonne tout, même la vulgarité. L’intelligence ne paraît plus une juste compensation des choses, comme un rééquilibrage que la nature offre aux moins favorisés de ses enfants, mais un jouet superfétatoire qui rehausse la valeur du joyau. La laideur, elle, est toujours déjà coupable et j’étais vouée à ce destin tragique avec d’autant plus de douleur que je n’étais point bête.
- Renée, me répondit-il avec tout le sérieux dont il était capable et en épuisant au gré de cette longue tirade toute la faconde qu’il ne déploierait plus jamais ensuite, Renée, je ne veux pas pour femme une de ces ingénues qui font de grandes dévergondées et, sous leur joli minois, n’ont pas plus de cervelle qu’un moineau. Je veux une femme fidèle, bonne épousé, bonne mère et bonne ménagère. Je veux une compagne paisible et sûre qui se tiendra à mes côtés et me soutiendra. En retour, tu peux attendre de moi du sérieux dans le travail, du calme au foyer et de la tendresse au bon moment. Je ne suis pas un mauvais bougre et je ferai de mon mieux.
Et il le fit.
Petit et sec comme une souche d’orme, il avait toutefois une figure agréable, généralement souriante. Il ne buvait pas, ne fumait pas, ne chiquait pas, ne pariait pas. A la maison, après l’ouvrage, il regardait la télévision, feuilletait des magazines de pêche ou bien jouait aux cartes avec ses amis de l’usine. Fort sociable, il invitait facilement. Le dimanche, il s’en allait pêcher. Quant à moi, je tenais le ménage car il était opposé à ce que j’en fisse chez d’autres.
Il n’était pas dépourvu d’intelligence, bien qu’elle ne fût pas de l’espèce que le génie sociale valorise. Si ses compétences se limitaient aux affaires manuelles, il y déployait un talent qui ne tenait pas que des aptitudes motrices et, bien qu’inculte, abordait toutes choses avec cette ingéniosité qui, dans la bricole, distingue les laborieux des artistes et, dans la conversation, apprend que le savoir n’est pas tout. Résignée très tôt à une existence de nonne, il me semblait donc bien clément que les cieux aient remis entre mes mains d’épousée un compagnon d’aussi agréables façons et qui, pour n’être pas un intellectuel, n’en était pas moins un malin.
Imagine-toi, un jour, te réveiller au lendemain d’un chagrin, ou d’un  tout autre état, étroitement lié à une déception, une désillusion, un  moment d’égarement qui te fait perdre tes repères, qui te perd dans un  lieu où tu croyais avoir ta place, dans une societé qui te remplace.  Alors deux possibilités s’offrent à toi: d’un coté faire profil bas,  rester chez toi et laisser tout ce qui t’entoure s’abattre; de l’autre,  affronter avec douleur, mais dignité, ce qui te fait face et relever ce  qui est tombé, rétablir ce désordre qui t’égare où que tu passes.  Ce matin là, le soleil a décidé de t’offrir ses premiers rayons, ils  recouvrent ton visage et te donnent du courage pour mener de front ta  vie.  Ce matin là tu as pris la bonne décision…

Imagine-toi, un jour, te réveiller au lendemain d’un chagrin, ou d’un tout autre état, étroitement lié à une déception, une désillusion, un moment d’égarement qui te fait perdre tes repères, qui te perd dans un lieu où tu croyais avoir ta place, dans une societé qui te remplace.

Alors deux possibilités s’offrent à toi: d’un coté faire profil bas, rester chez toi et laisser tout ce qui t’entoure s’abattre; de l’autre, affronter avec douleur, mais dignité, ce qui te fait face et relever ce qui est tombé, rétablir ce désordre qui t’égare où que tu passes.

Ce matin là, le soleil a décidé de t’offrir ses premiers rayons, ils recouvrent ton visage et te donnent du courage pour mener de front ta vie.

Ce matin là tu as pris la bonne décision…

nous devons pouvoir nous passer de ceux qui décident de se passer de nous. il faut se préparer à n’avoir besoin de personne, à nous suffire. je m’entraine à réduire chaque jour ma dépendance aux autres. l’amour ni l’amitié ne se mendient. prendre les mains qui se tendent ne pas courir après ceux qui s’en vont. il n’y a pas de meilleure attitude possible. c’est un grand luxe que de n’attendre personne. je me l’offre avec une certaine délectation.il ne se passera rien. je veux dire que je n’attends aucun miracle. rien, il ne se passera rien. je vais tenter de prendre un arrangement avec le bon dieu pour qu’il m’arrive peut-être au moins quelque chose de gentil. le vertige face au vide absolu sans même l’optimisme d’être lu surtout d’être compris. stoïque et orgueilleux je reste, me font pitié ceux-là qui appellent fêtes leurs défaites annoncées. parler pour se dire quoi ? du temps qu’il fait, que nous allons mal ou bien. qui cela interesse vraiment. et ceux qui croient me tenir ne se réjouissent pas trop vite, rien ne me tient vraiment. qu’on ne m’aime pas, même mieux qu’on me déteste ne m’atteint pas j’ai bien trop à faire avec ceux qui m’aiment. le mieux est de s’attendre au pire, l’exercice est fatiguant mais jamais décevant. prendre les jours comme ils viennent. sans impatience, ne pas leur demander l’impossible, se résoudre à leur monotonie. je me laisse porter au gré des circonstances, je n’ai plus envie de me distinguer pour plaire, je souris, j’essais, à qui le demande, mais je ne suis prêt à aucun effort. l’intimité entre deux êtres ne relève ni du sang, ni du sperme. les vrais couples se forment face à l’épreuve. le corps ne compte pas dans l’amour, pas longtemps, pas toujours. la jouissance ce n’est rien, on l’obtient comme on peut sur des canapés de hasard, sous des doigts inconnus, sous les coups ou la caresse. l’amour n’est pas une performance ni un jeu, c’est un miracle à la discrétion de dieu. l’athée que je suis ne voit pas d’autres explications…. 

nous devons pouvoir nous passer de ceux qui décident de se passer de nous. il faut se préparer à n’avoir besoin de personne, à nous suffire. je m’entraine à réduire chaque jour ma dépendance aux autres. l’amour ni l’amitié ne se mendient. prendre les mains qui se tendent ne pas courir après ceux qui s’en vont. il n’y a pas de meilleure attitude possible. 
c’est un grand luxe que de n’attendre personne. je me l’offre avec une certaine délectation.
il ne se passera rien. je veux dire que je n’attends aucun miracle. rien, il ne se passera rien. je vais tenter de prendre un arrangement avec le bon dieu pour qu’il m’arrive peut-être au moins quelque chose de gentil. 
le vertige face au vide absolu sans même l’optimisme d’être lu surtout d’être compris. stoïque et orgueilleux je reste, me font pitié ceux-là qui appellent fêtes leurs défaites annoncées. 
parler pour se dire quoi ? du temps qu’il fait, que nous allons mal ou bien. qui cela interesse vraiment. et ceux qui croient me tenir ne se réjouissent pas trop vite, rien ne me tient vraiment. qu’on ne m’aime pas, même mieux qu’on me déteste ne m’atteint pas j’ai bien trop à faire avec ceux qui m’aiment. 
le mieux est de s’attendre au pire, l’exercice est fatiguant mais jamais décevant. prendre les jours comme ils viennent. sans impatience, ne pas leur demander l’impossible, se résoudre à leur monotonie. je me laisse porter au gré des circonstances, je n’ai plus envie de me distinguer pour plaire, je souris, j’essais, à qui le demande, mais je ne suis prêt à aucun effort. 

l’intimité entre deux êtres ne relève ni du sang, ni du sperme. les vrais couples se forment face à l’épreuve. le corps ne compte pas dans l’amour, pas longtemps, pas toujours. la jouissance ce n’est rien, on l’obtient comme on peut sur des canapés de hasard, sous des doigts inconnus, sous les coups ou la caresse. l’amour n’est pas une performance ni un jeu, c’est un miracle à la discrétion de dieu. l’athée que je suis ne voit pas d’autres explications…. 

Winter is going back and it’s always the same story for winter : it’s like i was going under. Anyway.

Everyone makes mistakes but yours is not forgivable… I need to move on.

Je t’aime.

Le  manque ? un vieux sentiment de merde. Qui te bouffe, jusqu’à la  dernière miette. Quand tu ressens ce putain de vide que t’aimerais  combler de toutes les manières possibles et imaginables. et que t’y arrives pas.

Le manque ? un vieux sentiment de merde. Qui te bouffe, jusqu’à la dernière miette. Quand tu ressens ce putain de vide que t’aimerais combler de toutes les manières possibles et imaginables. et que t’y arrives pas.